| Député de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône | |
| 15janvier1978 – 2avril1978 | |
| Groupe politique | communiste |
| Maire du 6e secteur de Marseille | |
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14mars1983 – 19mars1989 (6 ans et 5 jours) |
Né le 14 mai 1925 à Marseille. Son métier : fraiseur.
Membre de la délégation municipale en août 44 à Marseille avec une dérogation du commissaire de la République, Raymond Aubrac. Mon activité militante à la CGT m’a fait désigner comme l’un de ses 5 représentants à la délégation municipale à la Libération (25 membres : 5 PS, 5 modérés, 3 représentants du FLN, 2 du FN, 5 PCF et 5 CGT). Le rapport des forces pris en compte par le comité départemental de la Libération (CDL) avec Aubrac était le rapport des forces d’avant la guerre. Je suis dans cette délégation jusqu’en avril 45 où ont lieu des élections municipales. Je ne suis pas électeur. Je suis permanent de l’UDCGT jusqu’en 49 et après cette date, j’ai la responsabilité de la jeunesse. Puisje retrouve du travail dans diverses entreprises de la métallurgie et j’étais au bureau fédéral du parti. Au début des années 50, je redeviens permanent, je m’occupe des diffusions de presse jusqu’en 52. Le 28 mai 52, jour de l’arrestation de Jacques Duclos (l’affaire des pigeons), une camarade ancienne déportée décède lors d’une opération à Paris et je la remplace au secrétariat fédéral jusqu’en 1961, m’occupant en particulier des pbs d’organisation et de trésorerie en relation avec Georges Gosnat, le trésorier nat.du parti. A partir de 1961, j’ai des responsabilités pour le comité central (CC) je m’occupe des questions financières pour 12 fédérations. En 65 je retourne au Conseil Municipal(CM) de Marseille où pour la 1ère fois on a un découpage par secteurs. Jusqu’à cette date, il y avait une liste unique pour toute la ville avec 63 élus, élection à la proportionnelle. En 1965, les listes Matalon et Billoux sont élues dans 3 secteurs de Marseille sur 8, elles loupent de peu la majorité absolue.
Matalon était conseiller général, l’un des dirigeants de la fédé, partisan des listes d’union avec la SFIO. Dans le parti, il est battu sur cette orientation mais il ne respecte pas le vote interne et entraîne des camarades, dont Masse. En 1967, je deviens le suppléant de François Billoux. De 1965 à 1971, je me suis occupé d’urbanisme à la mairie de Marseille (13 élus communistes). En 1971, élections municipales avec Georges Lazzarino, candidat à la mairie de Marseille.
2 ans après les élections présidentielles de 1969, où Duclos fait 22% et Defferre 12% .Nous, on croit que c’est arrivé. Defferre refuse l’union. On n’a pas été assez rassembleurs, les électeurs n’ont pas aimé ça. Ils nous sont restés fidèles sur les 15ème et 16ème : c’est le seul secteur où on est élus. On n’est plus que 7 au CM en 71 et dans le groupe, je m’occupe des pbs d’urbanisme. De 1971 à 1977, je suis président du groupe. En 1977 (le programme commun a été signé en 72), on propose à Defferre des listes d’union, il n’en veut pas mais il commence à casser avec les formations de droite. Il enlève leur délégation et fait des listes avec des gens de droite sans marquage politique, avec Rastoin…… Au second tour on se retrouve à 7 sur 63 et Defferre nous propose des délégations et nous associe davantage à la gestion de la ville. C’est le moment où on met en place le métro : il nous fait suivre les problèmes du métro (comme si on était de la majorité). C’est moi qui suis ces problèmes..
GASTON DEFFERRE : c’est un gros bosseur, il suit tous les dossiers, il y en a 250 à chaque CM. Notre groupe a l’initiative de l’intervention sur certains dossiers. On ne le prend jamais en défaut. Il est dur mais correct. J’étais très content de faire le voyage avec lui, pour le jumelage de Marseille avec Odessa. Tous les soirs, Defferre téléphonait pour connaître les titres du « Provençal ». Non seulement il surveillait tous les petits pbs de la gestion municipale mais aussi ceux du journal. C’est un champion pour faire de nécessité vertu : le métro, par exemple, qui a un schéma destiné à réaliser le secteur tertiaire à Marseille. Pour la plage du Prado, GD fait faire des études pour construire sur ces terrains gagnés sur la mer avec les déblais du métro, des immeubles de luxe, un quartier ultra moderne. C’est l’époque de Giscard, sort un texte qui interdit de construire sur les terrains gagnés sur la mer. L’idée de la plage vient de là et son mot d’ordre devient : « une plage pour tous les marseillais ».
(Entretien avec G.Perrier 2009)
Disparition de Pascal Posado: Hommage à un grand militant communiste, élu d’exception à Marseille

Pascal restera un élu qui a donné du sens à l’engagement politique. Il incarne pour moi un modèle dans l’exercice d’un mandat électif en étant et restant au service de la population sans renoncer à son engagement et ses valeurs. Il fait partie de ces militants qui redonnent par leurs pratiques du sens au mot politique.
Pascal Posado, en m’ouvrant, en 1982 les portes de la région, a transformé ma vie militante et ouvert d’autres horizons. J’espère poursuivre son travail en tant qu’élu, à la place qui est la mienne, à Marseille et sur l’aire Métropolitaine.
Christian Pellicani
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POSADO Pascal (extrait du MAITRON )
Né le 14 mai 1925 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 11 novembre 2016 ; métallurgiste à Marseille ; responsable des jeunes syndiqués à l’union départementale CGT des Bouches-du-Rhône, secrétaire de la fédération communiste des Bouches-du-Rhône de 1952 à septembre 1961 puis membre du bureau fédéral jusqu’en 1968 ; conseiller municipal (1965-1983 puis 1989-1995), maire des 15e et 16e arrondissements de Marseille de 1983 à 1989, maire honoraire depuis.
Fils unique de VirgilioPosado, paveur, né à Quintana del Marco (province de León, Espagne), devenu épicier en 1931 à la Villette puis aux Aygalades (Marseille), et de RosendaCarreño, employée, originaire de Marseille, Pascal Posado vécut son enfance dans le quartier des Aygalades où ses parents s’étaient installés peu avant la Grande-guerre : « dans ma famille j’étais en présence, pour le moins, de républicains progressistes. Mes parents étaient espagnols. Ils étaient venus en 1913 avec l’immigration économique, poussés par la misère. Mon oncle était curé… » précisait-il en juin 2011. Ce dernier point explique les liens assez étroits de son père avec l’Eglise. Scolarisé à l’école primaire Arenc-Bachas, il participa à son premier défilé le 14 juillet 1936, portant ce jour-là le drapeau des AIL de son quartier. L’acquisition de la nationalité française ne l’empêcha pas de se montrer très sensibilisé par les événements de la guerre civile d’Espagne. Après avoir fréquenté le cours complémentaire de la rue François Moisson, Pascal Posado réussit le concours d’entrée à l’usine de la Société Nationale des Constructions Aéronautiques du Sud-Est (SNCASE) à Marignane (Bouches-du-Rhône). Il devint apprenti à l’âge de 15 ans mais passionné par la géométrie et l’algèbre, il y prépara le CAP de fraiseur qu’il réussit en mars 1943 grâce aux cours du soir.
Pascal Posado adhéra à la CGT clandestine, puis au Parti communiste en 1944 et participa aux mouvements revendicatifs dans la métallurgie marseillaise en mars 1944. Il suivit ensuite les différentes écoles du Parti : l’école interfédérale à Marseille en décembre 1944 dirigée par Roger Garaudy* puis l’école qui se déroulait sur un mois. Une période au cours de laquelle il découvrit les classiques du marxisme et s’adonna avec passion à la lecture des textes de Lénine.
Pascal Posado figura, lors de la Libération, sur la liste présentée par la CGT pour siéger à la délégation municipale. Son jeune âge l’obligea à obtenir une dispense du commissaire de la République Raymond Aubrac. Sans en posséder le titre, exerça les fonctions de conseiller municipal d’août 1944 à avril 1945. Trop jeune, ni électeur ni éligible, il ne put se présenter aux élections municipales.
Sur le plan syndical, Pascal Posado devint dès l’après-guerre secrétaire de la commission départementale des jeunes au sein de l’union départementale CGT des Bouches-du-Rhône. À ce titre, il participa aux travaux du premier CCN (27-29 mars 1945), fut chargé du rapport sur la jeunesse lors des congrès de l’UD qui se tinrent à Marseille les 9 et 10 juin 1945 et les 29 et 30 juin 1946. Il devint secrétaire de l’union départementale CGT des Bouches-du-Rhône à la suite du 27e congrès (4 au 7 juillet 1947), membre du bureau national CGT (section jeunes en mai 1948), avant de rejoindre la Commission administrative de l’union départementale en janvier 1949 puis d’entrer au bureau de l’UD à la suite du 28e congrès (25-27 Juin 1948).
Durant la même période, Posado assista au XIe congrès du PCF qui se tint à Strasbourg en juin 1947. Du 6 novembre 1947 jusqu’en mars 1948, il suivit les cours de l’école centrale du Parti. Membre des Combattants de la paix et de la liberté en mai 1949, il fut membre du bureau fédéral des Bouches-du-Rhône en septembre 1949. Il fut élu au bureau fédéral des Combattants de la paix et de la liberté des Bouches-du-Rhône en septembre 1949 ; dans le même temps il était membre du bureau fédéral des Bouches-du-Rhône.
Réélu membre (permanent) du bureau de l’union départementale CGT lors du XXIX° congrès en juin 1949, Pascal Posado assista en août suivant au festival mondial de la jeunesse à Budapest. Il perdit sa place au sein du bureau de l’union départementale à la suite de la réorganisation de l’équipe dirigeante effectuée du 7 au 9 octobre de cette année lors de la venue à Marseille de Benoît Frachon*. Dans un contexte de chute des effectifs à la CGT, Pascal Posado dut alors « retourner à la production » et reprendre son emploi à la SNCASE afin d’assurer son existence. Il travailla un temps à la manufacture provençale de matières plastiques à Saint-Pierre, un des quartiers à l’est de Marseille, occupa un emploi temporaire à la SNCASE, puis connut des périodes de chômage.
L’activité militante de Pascal Posado allait s’exercer dorénavant beaucoup plus au sein du PCF bien qu’il participât aussi au secrétariat des Combattants de la Paix de Marseille. Il fut nommé membre du bureau de la fédération communiste des Bouches-du-Rhône en mars 1950 et s’y trouva plus particulièrement chargé des problèmes financiers sur l’ensemble des douze fédérations communistes du Sud-est. Cette promotion fit de Pascal Posado un des neuf délégués désignés pour représenter Marseille au XIIe congrès du PCF en avril 1950.
Membre de la commission administrative de l’union départementale CGT en 1951, Pascal Posado devint un permanent du parti, responsable à la presse, à la fin de cette année. Il fut désigné secrétaire fédéral en juillet 1952 pour remplacer Josette Reibaut* décédée. En septembre 1952, il fut chargé de la commission fédérale militaire (avec une responsabilité sur neuf départements). Il était en outre inspecteur du parti à l’échelon régional.
Pascal Posado exerça d’importantes fonctions au sein du secrétariat fédéral, s’occupant des problèmes d’organisation et de montée des cadres jusqu’en 1961. Accordant dès lors un grand intérêt aux problèmes financiers, c’est lui qui devait mettre en place les carnets d’effectifs pour chaque cellule du Parti. Il fut parallèlement secrétaire de la section de La Cabucelle en 1959, au sein de laquelle militaient Roger et Jeanine Porte*, chargé par ailleurs du comité du parti de la Société provençale de constructions navales (SPCN) en 1960. Réélu au poste de secrétaire le 7 mai 1961, Pascal Posado fut touché en compagnie de Paul Cermolacce* et de Roger Donadio* par la réorganisation du secrétariat fédéral au mois de septembre suivant. Il devint alors pour plusieurs années permanent du parti au sein du bureau fédéral et instructeur du comité central. C’est dans cette période qu’il participa à la recherche d’un nouveau local pour la Fédération des Bouches-du-Rhône (rue Saint Bazile, un ancien hôtel en cours de rénovation) et à la création de la librairie Paul Éluard, véritable lieu de sociabilité culturelle pour les militants communistes. Pour la réalisation de ces projets et dans le cadre des souscriptions il reçut le soutien financier et humain de Jean Jérôme*. La direction du Parti lui demanda alors de devenir collaborateur du comité central pour les questions financières et de « suivre » douze fédérations, principalement celles du Gard, de l’Hérault, de la Drôme, de l’Ardèche et de la Corse.
L’action de Pascal Posado s’orienta ensuite davantage vers des responsabilités d’élu. Lors des élections municipales de 1965, qui virent le découpage de la ville en secteurs de deux arrondissements, il devint conseiller municipal, élu sur le 8e secteur (15e et 16e arrondissements) sur la liste Billoux*-Matalon* (15 élus en tout). Il travaillait dans le même temps avec Georges Gosnat* (suppléant à Vitry de Maurice Thorez*) sur des dossiers politiques mais aussi techniques tels le Bureau d’études et de recherches pour l’industrie moderne (BERIM, créé en 1948 par Raymond Aubrac*), l’Organisation générale des consommateurs (Orgeco) …qui lui permettaient d’appréhender la dimension politique des problèmes d’urbanisme (l’importance des transports en commun notamment).
Pascal Posado fut le suppléant de François Billoux dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône lors des législatives de mars 1967, et de juin 1968. Après avoir été candidat dans le 8e secteur lors des municipales de mars 1971 sur la liste Lazzarino* qui fut élue dès le premier tour, Posado devint alors Président du groupe communiste au conseil municipal et ce jusqu’en 1983, structurant ses interventions orales et écrites avec André Donzel et Victor Régniaud*. À cet égard, il appuya sa réflexion autour du groupe de recherches sur la cité Phocéenne lors d’une journée d’études intitulée « Pour mieux agir, mieux connaître Marseille » avec la participation de nombreux sociologues : Danielle Bleitrach, Alain Chenu, André Donzel, Pierre Reboud et Bernard Tabuteau. Le groupe municipal qu’il dirigeait se situait clairement dans l’opposition à la gestion de Gaston Defferre* ; pour autant les deux hommes se respectaient mutuellement et une reconnaissance réciproque des qualités de chacun trouva à s’exprimer. Élu député suppléant de François Billoux dans le 4e secteur (14e, 15e, 16e arrondissement) lors des législatives de 1971, il fut réélu à ce même poste au premier tour le 4 mars 1973.
Incarnant pour beaucoup d’observateurs « la passion de Marseille et des quartiers Nord », Posado participa à la Commission des activités municipales du Comité central avant que ne soit créée l’Association nationale des élus communistes et républicains sous la houlette de Marcel Rosette*. En 1976, désigné par le conseil municipal, il devint président du groupe communiste au conseil régional avant de devenir vice-président du conseil régional PACA en 1982. Auparavant, Posado avait été en 1978 le suppléant de Guy Hermier*, candidat à la succession de François Billoux comme député en 1978 dans la IVe circonscription de Marseille (14e, 15e, 16earrondissements correspondants aux quartiers Nord de la cité phocéenne). Tous deux furent élus dès le premier tour avec 31 283 voix sur 76 126 inscrits. Il fut à nouveau le suppléant de Guy Hermier lors des élections législatives de juin 1981.
Lors des élections municipales de 1983 qui virent la naissance des mairies de secteur, Pascal Posado fut élu maire des 15e et 16e arrondissements. Il conserva ce mandat jusqu’en 1989 puis siégea comme simple conseiller municipal durant les six années suivantes. Dans cette municipalité dirigée par Robert Vigouroux (PS), le maire des 15e et 16e arrondissements qui lui succéda fut le dissident communiste Lucien Vassal*. En 1995, c’est Guy Hermier, qui figurait au conseil municipal de Marseille depuis 1983, qui devint maire de ce même 8e secteur.
En 1997, cet engagement d’un demi-siècle pour la cité Phocéenne et ses quartiers populaires fut reconnu à travers la décision du Préfet des Bouches-du-Rhône de nommer Pascal Posado maire honoraire des 15e et 16e arrondissements de Marseille.
Membre de l’Association des vétérans du PCF, Pascal Posado anime depuis de nombreuses années l’association « Mémoires Vivantes » des 15e et 16e arrondissements. Très attaché à la mémoire locale et militante, il a impulsé de nombreuses initiatives autour de ces questions : Il a été ainsi la cheville ouvrière avec Léo Lorenzi* de la publication d’un recueil de 150 témoignages de résistants communistes des Bouches-du-Rhône (voir œuvre). C’est sur sa proposition qu’un premier colloque sur les grèves de novembre 1947 à Marseille a été organisé en 1997. En novembre 1998, il a mis sur pied une journée d’études sur le thème de l’engagement ouvrier à Marseille contre la guerre d’Indochine prolongée en 1999 par une exposition à bord du navire Danielle Casanova. Au début des années 2000, il contribua à la création du Musée virtuel de la Résistance en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 1940-1945 (MUREL, équipe PACA du musée de la Résistance en ligne). En novembre-décembre 2013, pour les 15 ans de « mémoires vivantes », Pascal Posado a participé à l’organisation d’une série d’expositions, de films et de débats revisitant les thématiques abordées par l’association (Marseille/Alger, les deux sœurs de la Méditerranée ; Marseille et l’Indochine ; Jeunes en Résistance ; Les femmes dans la Résistance). Un projet de film documentaire accompagné d’un livre retraçant son parcours de militant et d’élu est en cours d’élaboration avec la participation de Paul Bouffartigues, sociologue, et de Gérard Leidet, enseignant-chercheur.
Pascal Posado s’était marié le 22 décembre 1949 avec Françoise Thomas. En 2014, il résidait toujours à Marseille, Boulevard Gustave Desplaces dans le 3e arrondissement de Marseille.
Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article158706,
notice POSADO Pascal par Jean-Claude Lahaxe, Gérard Leidet, version mise en ligne le 9 juillet 2014, dernière modification le 24 novembre 2017.